Mon essai à biocabas

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Jusqu’alors je privilégiais le prix.  J’essayais de trouver le bon plan, le lieu où acheter les légumes, les fruits au prix le plus bas. J’ai décidé de changer mes habitudes alimentaires et d’achat. L’dée est donc de privilégier la qualité des aliments et les qualités gustatives dans l’optique de manger sainement sans ingérer sans cesse les multiples poisons des traitements qu’utilisent actuellement l’agriculture industrielle. De privilégier aussi les circuits courts. La distance entre nous et eux est proche, moins de 100km, alors que la plupart des produits disponibles en magasin voyagent environ 2000km! Mais néanmoins je cherche comment manger bio en payant moins cher que les prix pratiqués dans les magasins bio !

Je suis donc allé chercher mon panier biocabas jeudi après-midi. En rentrant à la maison j’ai sorti ma balance de cuisine et j’ai pesé le contenu du panier pour déterminer le prix en le comparant au prix d’un magasin bio de Lille qui a un site marchand sur internet en l’occurrence « La Source » .

Il y a avait dans mon panier (jeudi 13 nov 2014) :

  1. 800g d’oignons à 1,50€/kg = 1,20€
  2. 750g de navet boule d’or à 2,50€/kg =1,90€
  3. 800g de pomme de terre Artemis à 1,40€/kg =1,12€/kg
  4. 1 laitue 1,50€ pièce
  5. 1 bouquet de persil 1,85€ pièce
  6. 750g de pommes Topaz à 2,95€/kg= 2,20€

Ce qui me donne au total 9,80€ sachant que le panier me coûte 11€. L’un de mes objectifs étant de trouver du bio moins cher qu’en magasin bio ce n’est pas le cas!

Ceci dit je ne tiens pas à m’arrêter uniquement à ce critère là. Dans ce que propose biocabas j’y vois des avantages nombreux.

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Avantages :

  1. Le contenu du panier n’est pas choisi ce qui n’est pas un inconvénient mais peut-être au contraire un avantage car ce non-choix permet de mettre de la variété dans nos assiettes, de découvrir des légumes que peut-être nous n’aurions pas pensé acheter, de découvrir des aliments nouveaux, d’apprendre à les cuisiner, d’être plus proche de la nature en s’adaptant aux produits de saison. Par exemple je vais me faire vu la quantité d’oignons une soupe à l’oignon !
  2.  Les points relais sont aussi proches de chez moi que le magasin bio.
  3. La « Feuille de Chou » est un petit supplément que j’apprécie pour les informations sur les produits, (là sur les navets boule d’or), pour les recettes et aussi pour la partie « sorties du week-end » qui m’informe d’un chantier de plissage, d’une soirée balnéo & bio à Tourcoing les bains .
  4. Le flyer-pub sur le sel Herbamare m’a surpris au premier abord et en fait à l’intérêt de me fait connaître ce sel qui se récolte à Aigues Mortes en Camargue.
  5. La possibilité de changer les dates de livraison et les lieux de points relais sont très intéressants. Car en effet suite à des événements non prévus j’ai pu en effet décaler de trois semaines et ce alors que je venais juste de m’inscrire, les 2éme, 3ème et 4ème panier.
  6. Le circuit court est certes plus court que nombreux autres circuits de distribution, nous ne sommes néanmoins pas dans un circuit direct producteur-consommateur (comme les AMAP) mais rien à voir avec les circuits des grandes surfaces et même de certains produits en magasin Bio. Il est court en distance, ni avion, ni bateau mais s’étend néanmoins dans une région large, du Nord au Pas-de-Calais et jusqu’à la Somme (pour les endivettes, pour les navets dans ce panier de test.)
  7. Il y a aussi une dimension sociale en embauchant des personnes en réinsertion leur permettant de retrouver un emploi avec un contrat de 25 heures… et bien sûr financier pour réduire les coûts.

Conclusion :

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Les frais inexistants de magasin de biocabas sont remplacés j’en suis conscient par d’autres. Mais les emplois dans le cadre de l’insertion ne sont-ils pas aidés par l’état ou la région? les points relais ne sont-ils pas bénévoles ? Les coûts supplémentaires de transports certes ne sont pas négligeables. Peut-être fais-je l’impassse sur d’autres choses qui m’échappent. Je pense néanmoins que les frais à supporter sont sans doute moins importants que ceux d’un magasin.

Quoi qu’il en soit Biocabas a le mérite de proposer quelque chose de nouveau, de bien pensé. Le panier devrait peut-être être un peu moins cher ou un peu plus garni.

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Mes désirs, mes souhaits, mes utopies…:

J’espère voir l’émergence de circuits de plus en plus courts question distances et intermédiaires pour permettre la montée en puissance du bio, la réduction des prix que je conçois en dessous du double alors qu’il frise parfois le triple pour qu’ainsi bien plus de personnes puissent en bénéficier.

J’ai envoyé cette article ci-dessus à Biocabas et j’ai reçu cette réponse, avec leur accord, la voici:

Réponse de Bio Cabas:

Bonjour,
Nous sommes deux à travailler sur le projet, Sandrine qui est en relation avec les abonnés et moi-même qui suis en relation avec les producteurs.
Tout d’abord merci pour votre étude, il est toujours intéressant d’avoir ce type de données.

Norabio est une coopérative de producteurs du Nord Pas de Calais Picardie. Elle a été mise en place à l’initiative des producteurs en 1998. Au fur et à mesure du développement, ils ont pris quelques salariés pour s’occuper du quotidien afin de rester sur leur métier: être producteur. Un CA est élu par l’ensemble des producteurs afin de prendre les décisions au quotidien sur nos différents projets. Le biocabas est la seule activité en relation directe avec le particulier. L’idée de la coopérative est d’être au service du producteur, ainsi nous avons quelques activités:
– service d’achats de plants et semences, ce qui permet qu’en achetant collectivement les producteurs bio ont des prix plus avantageux
– Marché de gros et transformation, pour les gros producteurs
– la RHD: Restauration Hors Domicile, où nous travaillons pour le développement de l’alimentation bio en restauration collective
– la comptabilité, pour simplifier le travail des producteurs
– le Biocabas:
-..

Les Biocabas, ce sont:
Nature à votre porte– les « petits » producteurs qui se regroupent ensemble sur le contenu des paniers. Nous effectuons deux fois par an une réunion de planification, permettant aux producteurs de s’assurer une juste rémunération de leur travail en fonction de leur production, c’est une sécurité face au marché. Nous assurons également la diversité de production dans les champs.
– Soutenir et accompagner les nouveaux producteurs dans leur conversion en bio. Ils se professionnalisent au travers de ce projet pour pouvoir par la suite être apte à commercialiser sur d’autres secteurs type RHD et ont un soutien technique en fonction de leur besoin.
– Donner aux producteurs des opportunités de se rencontrer, de s’organiser entre eux et de rencontrer les autres acteurs de la filière.
– Développer la consommation de produits bio, locaux et de saison
– c’est agir sur l’emploi local et rural, l’environnement, la protection de l’eau et la santé
– …

biocabas et la Feuille de ChouPour répondre à vos remarques:
– Pour le contenu de votre panier, vous avez eu des oignons qui vous semblait en quantité un peu trop importante. Nous n’en mettons qu’une fois toutes les 3/4 semaines, vous permettant de les utiliser sur vos prochains paniers. C’est un produit qui conserve.
– Vous dites que nous ne sommes pas dans un circuit direct du producteur au consommateur. Je ne suis pas tout à fait d’accord avec vous, certes le producteur ne livre pas dans chaque point relais et ne confectionne pas les paniers, mais il commercialise au travers de sa coopérative. C’est un système qui appartient aux producteurs bio de la région. Cela lui permet de toucher une population qu’il ne pourrait pas toucher tout seul. Cela lui fait gagner du temps et lui permet de pouvoir mieux s’investir sur sa terre. Nous avons des producteurs de la Somme parce que nous sommes une coopérative de producteurs bio de la région NPdeC Picardie. Pour l’instant ils n’ont pas beaucoup de débouchés sur la Picardie. Nous essayons de développer ce marché mais cela prend du temps. En attendant ils profitent de leur coop pour commercialiser. Il faut laisser la place à chacun. Bien sur, nous préférerions être sur le plus local possible et c’est comme ça que nous essayons d’avancer.
– Nous travaillons en partenariat avec le SCI qui sont en effet des contrats d’insertions aidé par l’Etat. Ils ont des contrats de 6 mois renouvelables 4 fois. L’idée étant qu’ils trouvent une formation ou un emploi le plus rapidement possible. Nous souhaitions avoir une vocation ESS (économique, sociale, et solidaire) sur notre projet. Le coeur du Biocabas c’est l’humain, au travers du cercle vertueux entre producteurs, jeunes en insertion, points relais, biocabistes, où chacun y trouve sa place.
– Sur la bio accessible, nous avons mis en place le Biocabas accessible. Ce sont des paniers qui sont proposés en partenariat avec des centres sociaux pour des personnes plus démunis: familles nombreuses, personnes touchant le RSA, boursiers… , ils sont payés à moitié par le conseil général et sont accompagnés d’ateliers cuisine pour aider à consommer des produits bruts.

bio-cabas-une-filiere-de-production.jpgLe Biocabas n’est pas un projet à vocation économique, c’est un acte militant pour changer de système agroalimentaire. Le prix d’une chose n’est pas « tout », les choses ont aussi une valeur environnementale et sociale.
Bien à vous,
Domitille

A la lecture de tout cela je prends conscience qu’il est important que les maraîchers s’assurent dans ce type de fonctionnement des clients fidélisés car abonnés et des prix justes lors de la vente de leur production et ce grâce à un prix fixé à l’année. Pas de valse des prix par les chefs d’orchestre de la grande distribution. La vie des producteurs est ainsi simplifiée et permet aux maraichers de se projeter. Bref ça me plait bien cette idée là! Pas de main mise des filières de la grande distribution sur les petits producteurs. Une certaine notion de la liberté qui moi me ravit!