L’homéopathie

Lors d’un barbecue ensoleillé les sujets de discussion allant bon train, à un moment fût abordé le sujet de l’homéopathie. Comment un remède dont la dilution est aussi importante, où il n’y a plus de trace chimique des molécules qui composaient la substance originale, peut-il avoir un effet thérapeutique? Un d’entre nous à la question « qu’en penses-tu ? » sans embages répondit : « c’est de la connerie ! » Soufflé d’une réponse si abrupte je me suis dit que je ferais un petit article sur le sujet.

Le débat pour ou contre entre les homéopathie-sceptiques et les partisans de l’homéopathie est toujours aussi vif, pourtant l’homéopathie est  reconnue tant en France que dans de nombreux autres pays, l’Allemagne, l’Angleterre, l’Inde, le Pakistan, le Sri Lanka et le Mexique. Elle est enseignée à l’université et est intégrée aux systèmes de santé publique.

Samuel Hahnemann

A l’origine de l’homéopathie, l’insatisfaction de Samuel Hahnemann (1755-1843) docteur en médecine, chimiste et linguiste, quant aux techniques médicales de son époque. Il fit des recherches dans de nombreux ouvrages de médecine qu’il put traduire grâce à sa connaissance de l’allemand, du français, de l’anglais, de l’italien et du latin. En 1790, il traduisait la Materia Medica d’un médecin écossais. Il se trouva en désaccord avec ce dernier qui attribuait directement à l’amertume et à l’astringence de l’écorce de Quinquina (dont on tira plus tard la quinine) son efficacité dans le traitement de la malaria. Il remarqua, à juste titre, que d’autres plantes pourtant tout aussi amères et astringentes n’avaient aucun effet contre la maladie. Par curiosité, il prit un peu de l’écorce durant quelques jours et découvrit que la substance provoquait chez lui des symptômes similaires à ceux de la malaria, notamment des fièvres intermittentes et de la diarrhée. Cela lui rappela la loi de similitude, évoquée dans le Cursus Hippocraticus.

En 1796, il publiait, dans une revue scientifique, un essai sur « une nouvelle approche pour identifier les propriétés curatives des médicaments ». Depuis sa première expérience avec l’écorce de Quinquina, il avait expérimenté sur lui-même, ainsi que sur ses collaborateurs et ses proches, diverses substances dont il avait pu établir la pathogénésie, c’est-à-dire l’ensemble des symptômes provoqués par l’administration expérimentale d’un produit à un sujet sain. Il avait également développé la technique des dilutions afin de contourner le problème de la toxicité de certains produits.

En 1799, les idées d’Hahnemann gagnèrent de la crédibilité lorsqu’il réussit, grâce à un remède homéopathique, à prévenir et à traiter la scarlatine qui atteignait des proportions épidémiques en Allemagne.

En 1810, il publiait l’Organon medical, qui devait constituer le véritable manuel fondateur de l’homéopathie. Cette technique thérapeutique connut un remarquable essor en Europe et fut introduite en Amérique en 1825 par Hans Burch Gram, un médecin natif de Boston qui avait étudié l’homéopathie en Europe. La première école médicale américaine d’homéopathie, le Hahnemann Medical College and Hospital, fut fondée en 1835.

En 1849, tandis que le choléra faisait rage dans la ville de Cincinnati, 2 homéopathes publièrent des statistiques indiquant que seulement 3 % des 1 116 patients qu’ils avaient traités étaient morts des suites de la maladie. Pourtant, à cette époque, on estimait que de 33 % à 50 % des patients atteints de cette maladie en mouraient. De la fin du XIXe au début du XXe siècle, la pratique de l’homéopathie connut un très grand essor en Europe et en Amérique du Nord. Toutefois, au XXe siècle, le développement de médicaments allopathiques d’une extrême efficacité, comme les antibiotiques, fit beaucoup reculer la pratique de l’homéopathie. Il faudra attendre la fin de ce siècle pour voir apparaître un regain d’intérêt pour cette technique.

Quelle est cette technique homéopathique?

L’homéopathie se base sur le principe que le corps possède en lui la force de générer un processus naturel de guérison. À partir de cette prémisse, Hahnemann soutenait qu’il importait plus de trouver les moyens de stimuler le processus naturel de guérison inhérent à tout organisme vivant que de connaître l’agent pathogène spécifique ou le nom de la maladie.

Les principes de l’homéopathie repose sur trois critères:

  • hahneman

    La loi de similitude : Le semblable guérit le semblable. Ce principe, qu’on fait remonter à Hippocrate, veut qu’une substance qui provoque un groupe de symptômes chez une personne en santé puisse guérir une personne malade chez qui se manifeste le même groupe de symptômes. 

    C’est ce principe qui a donné son nom à l’homéopathie, les mots grecs homeo signifiant «similaire» et pathos «maladie ou souffrance».

  • La Loi de l’individualisation :En homéopathie on soigne l’individu malade et non la maladie pour ce faire on recherche le soin le plus adaptés chez une personne en tenant compte à la fois des symptômes et de tous les aspects qui la caractérisent, physique, physiologique, mental, psychique, hérédité. Ainsi, l’homéopathe s’efforce de découvrir minutieusement tous les symptômes du patient afin de déclencher ou de soutenir le processus de guérison correspondant. Le praticien cherchera donc à savoir quand et comment les symptômes se manifestent, ce qui les amplifie ou en diminue l’intensité, les heures où ils apparaissent, les actions qui les exacerbent ou les soulagent, etc. Ainsi, 2 patients souffrant de la même maladie au sens de la médecine classique pourraient se voir prescrire des remèdes homéopathiques différents parce que leur mode de réaction diffère ou que leurs symptômes spécifiques ne sont pas les mêmes. Ils pourraient avoir le « même » rhume (même virus), mais pas les mêmes écoulements nasaux, par exemple. Les homéopathes disposent aujourd’hui de bases de données informatisées pour les aider à choisir les remèdes en fonction des innombrables combinaisons de symptômes et de constitutions de leurs patients.

  • Le procédé des hautes dilutions : La théorie homéopathique allègue que la dilution et la « dynamisation » d’un remède peuvent en potentialiser les effets curatifs. Les remèdes homéopathiques sont dilués plusieurs fois dans de l’eau ou dans un mélange d’eau et d’alcool, au point qu’on n’y trouve habituellement plus de trace chimique des molécules qui composaient la substance originale. Entre les dilutions successives, on administre au remède une série de secousses (appelées succussions dans le jargon des homéopathes) dans le but de le « dynamiser ». Cette dynamisation serait absolument essentielle à l’efficacité du produit.

    En homéopathie, on estime que les remèdes préparés en haute dilution sont plus puissants que ceux qui sont préparés en basse dilution. Ils sont employés par les homéopathes professionnels et plus rarement utilisés en vente libre ou dans des complexes destinés directement au public. Une fois l’extrait dilué, il est présenté sous forme de comprimés, de granules (petites boules solubles, dont la base est généralement du sucrose, qu’on laisse fondre sous la langue) ou de solutions que l’on prend quelques gouttes à la fois.

Pour les usages topiques, on trouve également des produits homéopathiques sous la forme de lotions ou d’onguents. Certaines préparations, comme des crèmes pour la peau, sont dites homéopathiques en ce sens qu’elles respectent le principe de similitude (le semblable guérit le semblable), mais elles ne sont pas nécessairement diluées. Elles peuvent contenir, par exemple, des teintures mères de plantes préparées selon une méthode propre à l’homéopathie.

Que dilue-t-on ?

Les produits souches utilisés pour fabriquer les médicaments homéopathiques peuvent être d’origine végétale, animale ou minérale. Parfois, la relation entre le produit et l’affection traitée paraît assez logique. Apis mellifica – du venin d’abeilles dilué – sert à traiter les piqûres d’insectes ou autres affections qui donnent des réactions semblables. De même, l’huile d’une plante, l’Arnica montana, qui était traditionnellement utilisée pour soigner les contusions et les entorses, retrouve un usage semblable en homéopathie. Par contre, dans d’autres cas, la relation est plus étonnante. Ainsi, le venin de la vipère Lachesis mutus est utilisé contre certains troubles de la ménopause; et Arsenicum album (tiré de l’arsenic, un métal lourd très toxique) est recommandé contre certaines maladies de peau et divers types de rhume. Mentionnons également que l’Oscillococcinum, un « casse-grippe » et l’un des médicaments homéopathiques les plus vendus, est fait à partir d’une macération de foie et de coeur de canard.

Différences entre la médecine allopathique et l’homéopathie

  • Concernant la loi de similitude, celle-ci différe de l’approche médicale classique qui, pour combattre la maladie, se base sur des médicaments dont le but est d’éliminer les symptômes ou de détruire les agresseurs

  • Concernant la Loi de l’individualisation en médecine officielle allopathique on ne considère pas que le corps réagisse comme un tout on s’attarde plutôt à la fonction de chaque élément séparément. C’est une approche plus mécanique. L’homéopathie est une médecine holistique.

  • Concernant le procédé des hautes dilutions, il va à contre-courant de la pharmacologie moderne qui se fonde sur l’activité biologique de molécules précises. Du point de vue du chimiste, tout effet thérapeutique est attribuable à des molécules spécifiques. Or, dans la majorité des préparations homéopathiques, on ne trouve plus ces molécules.

Quelques travaux récents liés à l’homéopathie:

  • Travaux de M.D.Anderson Cancer Center, un des centres de traitement du cancer les plus réputés des États-Unis, qui a constaté que 4 préparations homéopathiques différentes pouvaient détruire en laboratoire des cellules du sein cancéreuses de façon ciblée (par cytotoxicité). L’action de 2 d’entre elles s’est révélée semblable à celle du paclitaxel (Taxol), le produit le plus utilisé en chimiothérapie contre le cancer du sein. De plus, un des 4 médicaments était constitué d’extraits de tissus cancéreux ultra-dilués, conformément aux principes de similitude et de haute dilution de l’homéopathie. Les auteurs ont conclu que les remèdes homéopathiques évalués dans leur étude (et déjà employés contre le cancer du sein dans une clinique en Inde) semblent prometteurs d’un point de vue préventif et thérapeutique. Cela justifie, selon eux, de poursuivre les recherches.

  • De nombreux chercheurs se sont penchés sur les effets biologiques spécifiques de l’homéopathie. Ils ont constaté que des préparations hautement diluées peuvent provoquer des effets biologiques mesurables sur des plantes, des animaux ou des cellules isolées en laboratoire. Par exemple, une préparation homéopathique d’arsenic a permis d’augmenter le taux de germination de grains de blé préalablement contaminés à l’arsenic véritable, comme s’ils avaient été « guéris » de leur contamination. Cela respecterait à la fois le principe de similitude et de hautes dilutions.

  • Autre exemple, des chercheurs, dans le cadre d’une expérience à double insu, ont mesuré des différences significatives entre les électroencéphalogrammes de patients atteints de fibromyalgie ayant pris un produit homéopathique ou un placebo.

  • Travaux du chercheur Jacques Benveniste sur ce que l’on appelle « la mémoire de l’eau » qui détermine que l’eau en contact avec certaines substances conserve une empreinte de certaines propriétés de celles-ci alors même qu’elles ne s’y trouvent statistiquement plus, et à sa mort les travaux de l’éminent chercheur Luc Montagnier, « prix nobel de physique ou de médecine » , connu pour ses travaux sur le SIDA. Ceux-ci montrent que l’eau peut recevoir une information, la conserver et est capable ainsi « informée » de régénérer l’ADN à 98% identique. L’ADN induit des nanostructures dans l’eau émettant des ondes électromagnétiques de basses fréquences après filtration, agitation et dilution.

  • D’autre part, plusieurs expériences en laboratoire utilisant la calorimétrie, la thermoluminescence ou les émissions optiques ont démontré qu’il est possible de différencier l’eau pure et les solutions ultra-diluées qui, selon la chimie classique, ne devraient plus contenir que de l’eau. D’autres expériences ont permis de différencier deux solutions homéopathiques ultra-diluées (Nux vomira et Natrum muriaticum) ou de distinguer les différents degrés de dilution (6C, 12C et 30C) d’un même produit. Dans un article, intitulé « La mémoire de l’eau » : une vue d’ensemble, l’auteur, chercheur en sciences appliquées, affirme qu’« il y a plusieurs explications rationnelles qui peuvent démontrer pourquoi l’eau affiche effectivement des propriétés différentes en fonction de son histoire passée. En fait, elles sont tellement flagrantes, qu’on peut se demander comment il se fait qu’une telle controverse persiste autour de la “mémoire de l’eau” » Il reste beaucoup de travail à accomplir, mais nous pouvons affirmer une chose avec certitude : il est absolument faux d’alléguer que l’homéopathie soit impossible sous prétexte que la “mémoire de l’eau” serait impossible. » Il existe de plus en plus de preuves que l’eau peut effectivement conserver l’empreinte d’une substance préalablement dissoute, même si les mécanismes sous-jacents ne sont pas encore bien compris.

  • Dans 3 numéros spéciaux de Homeopathy, publiés en 2007, 2009 et 2010, des chercheurs ont présenté les résultats de nombreuses recherches expérimentales qui expliquent comment des produits hautement dilués et « dynamisés » produisent des effets biologiques mesurables. Parmi celles-ci, on retrouve : La « restructuration » des molécules d’eau qui comportent les mêmes éléments chimiques (H2O), mais structurés différemment. L’influence de la silice provenant des contenants en verre dans lesquels l’eau est secouée. La silice pourrait « contaminer » positivement le produit, comme dans le cas du dopage des semi-conducteurs. La formation de nanobulles et de nanoparticules singulières lors des succussions. La création, dans les molécules d’eau, de phénomènes électriques et électromagnétiques possédant une longue durée de vie. La dispersion non uniforme et l’agglomération des produits dilués

Conclusion:

Les principes qui sous-tendent l’homéopathie défient de façon absolument radicale la vision de la nature et le paradigme biomoléculaire qui prévalent actuellement et qui font généralement consensus. Pour moi donc l’homéopathie m’intéresse et je ne la considère pas comme une fumisterie. Je suivrai donc avec un grand intérêt toutes les découvertes futures sur l’homéopathie et sur la mémoire de l’eau. J’espère que cette méthode thérapeutique douce va encore progresser, qu’elle continuera à être utilisée car c’est un soin respectueux du corps, de nous-mêmes.